| Approche Psychologique L'objectif de cette approche se définit par un rapport entre la psychologie du créateur et celle du spectateur. La psychologie se charge d'un lourd fardeau en définissant la part des sentiments lucides engendrant luvre d'art et celle des impulsions profondes et inconscientes déterminant des éléments de la production artistique. La psychologie est une science avec ses lois et ses méthodes. Par cet apport sérieux de l'analyse psychologique, nous pouvons envisager luvre sous un autre angle. La psychologie a souvent traité la problématique de l'expression de la personnalité, elle ne pouvait éviter le phénomène caractéristique de l'expression artistique. Art = Communication ou Art = Expression LHomme crée à son image. Les théories sur la personnalité sont d'un apport capital et les concepts freudiens du fonctionnement de l'appareil psychique s'appliquent aisément à l'activité artistique. Le refoulement, enfouissement progressif des pulsions inconscientes, joue un double rôle :
Lorsque Freud s'occupe duvres d'art, il est délibérément indifférent aux problèmes de la forme et son attention se porte sur l'effet produit sur le sujet, sur l'aspect de luvre d'art (1). Les tableaux de Magritte et de Delvaux semblent destinés à illustrer des théories freudiennes sur le rêve (2). Elle effet, l'artiste peut symboliser ses conflits, il en est le maître ou presque. Il existe sans aucun doute une marge difficilement définissable entre la notion de " génie " et celle de " folie ". Les peintres de "l'Expression" possèdent le secret qui définit le "génie". Troubles, satisfactions, obsessions, manques matériels, immoralité ou puritanisme, tous ces faits incitent l'artiste à créer. La révolte intérieure trouve en la peinture un catalyseur de pulsions psychiques ou physiologiques. La théorie du milieu est parfaitement applicable ici encore : Guernica (document 95) de Pablo Picasso est la colère d'un artiste face aux cruautés guerrières. Un massacre organisé, réalisé en pleine conscience de son inutilité, est déclenché à 06h.00, le dimanche, jour de marché, le 26 avril 1937, à Guernica, ville située à trente kilomètres de Bilbao.
Mille six cent cinquante-quatre morts, huit cent quatre vingt-neuf blessés : résultat de cette opération purement meurtrière. Suite à ce triste événement, une guerre de communiqués déclenche des polémiques sur les responsables d'un tel massacre. Dix jours après le drame, les Basques découvrent dans le carnet de bord d'un pilote allemand le mot "Garnika" et la date du 26 avril à 06h.00. Brutalement, Picasso, troublé par cette tragédie, décide d'entreprendre la réalisation d'une peinture murale destinée au pavillon espagnol de l'Exposition Internationale de Paris (1937). La commande effectuée avant le drame de Guernica restait sans sujet. Maintenant, Picasso a quelque chose à dire, et même à hurler : sa colère. Guernica ou l'apocalypse en noir et blanc dénonçant les monstruosités guerrières passées ou futures est sans doute le chef-duvre de Picasso. Psychologiquement, l'attitude de Picasso concrétise l'influence du milieu. Des pulsions internes ou externes à l'individu poussent celui-ci à créer. La création est sa réponse au stimulus. Par simple définition du comportement (ensemble de conduites conçues comme des réponses d'un individu à des modifications de l'environnement), on comprend pourquoi l'artiste, plus réceptif aux événements, crée pour exprimer ses sentiments. Psychologie et psychanalyse de l'art se sont intéressées au génie, à l'émotion esthétique, à l'art-thérapie, à l'art des "malades mentaux" (le psych'art), à l'inconscient, aux accidents, mais sans mettre en relation l'art et la société. Passant de la notion d'individu à celle de groupe d'individus, l'aspect sociologique semble être en connexion logique, un lien intime. |