| Approche Sociologique La sociologie de l'art recouvre deux domaines différents:
Ainsi la recherche sociologique se borne au rapport entre la création artistique et la consommation artistique. Pour la France, on doit signaler en priorité les travaux de Pierre Francastel (1900-1970). Il fut le premier titulaire de la chaire de sociologie de l'art à l'école pratique des hautes études (1). L'origine la plus éloignée de la sociologie de l'art serait sans doute la théorie du " milieu ", mettant en évidence la relation entre l'art et l'évolution morale de la société, due à Taine, dont la philosophie de l'art date de 1865. Plus tard, on arrive au constat que les productions culturelles ont pour modèle les structures sociales et leurs conflits. D'où il découle que la considération de l'origine socioculturelle implique une variation d'intérêt pour l'art (de la haine à l'amour de l'art en passant par la plus banale indifférence). Pour définir la notion de style, Frédérick Antal (1887-1954) souligne l'apport considérable de cette jeune science qu'est la sociologie de l'art (2): "Un style est une combinaison spécifique d'éléments formels et thématiques", il faut "mettre en rapport chaque style avec la conception de la vie qui lui correspond". Les facteurs socioculturels sont donc indispensables pour analyser luvre d'un artiste. Or, le contexte sociologique est inévitablement et intimement lié à l'Histoire. La possibilité d'accès à luvre d'art a subi d'énormes modifications. De plus, les techniques modernes de reproduction nous offrent une documentation pour différentes formes d'art. Les voies traditionnelles d'accès aux uvres sont facilitées par la création de nouveaux musées et l'organisation d'expositions.
Le musée "classique" et le musée "imaginaire" ouvrent des voies plus favorables à une démocratisation des connaissances artistiques. Les statistiques émises par Bourdieu et Darbel prouvent l'existence d'un public habituel des musées. Instrument d'information pour les initiés, le musée traditionnel est resté trop statique. Par réaction le musée d'art moderne s'est donné un objectif supplémentaire : offrir un espace considérable aux manifestations de jeunes artistes et ainsi révéler les apports nouveaux de créateurs méconnus. "Le musée apparaît, en dernière analyse, comme indissociable de la civilisation actuelle, des concepts de culture et duvres d'art qu'elle a sécrétés. Il n'est pas interdit d'imaginer le musée de l'avenir ouvert sur l'extérieur, assorti d'ateliers de création disposant de techniques d'animation sans être dominés par elles, comme un véritable lieu de communication. Cette description du "musée de l'avenir" n'était pas sans rapport avec la vision que l'on pouvait et peut encore avoir du Centre Georges Pompidou. Bien réel, ce Musée réalise les objectifs définis par Evelyne Pansu. Ainsi, le dit "musée de l'avenir" existe et pratique une politique dynamique d'ouverture " totale ". L'architecture du Centre déconcerte, mais elle fut conçue en fonction de ce but d'ouverture démocratique. Voir l'intérieur d'un bâtiment contribue à le rendre humain. Susciter l'envie d'y entrer et obtenir un contact entre le bâtiment et l'individu qui le regarde paraît être un but ambitieux. Ce but est réalisé et dépasse les objectifs. La fréquentation est surprenante de par sa quantité et sa continuité. Comprendre l'artiste et son uvre exige une préparation d'ordre scolaire. Un enseignement de l'art négligé implique une réaction négative de la part de la masse des non-initiés. Sociologiquement parlant, c'est un fait indéniable : l'art d'aujourd'hui demande un enseignement. L'artiste est un visionnaire, donc en avance sur son époque. De leur vivant, peu d'artistes ont été compris du public : la profonde psychologie de Rembrandt fut comprise et appréciée tardivement et ne put satisfaire les bourgeois d'Amsterdam. Et n'oublions pas le cruel destin de Van Gogh. Railleries et sourires ironiques masquent l'incompréhension. |